Progrès et décadence
Liberté - Progrès -Décadence
Le comportement de tous les animaux s’explique par une volonté de perpétuer le patrimoine génétique, dont ils ne sont individuellement que les vecteurs mortels. Dans un environnement stable, ils savent d’instinct ce qui favorise leur vie et leur reproduction.
Pour nous qui les observons, ils apparaissent esclaves de leurs instincts ; mais pour eux, ils choisissent librement ce qui leur plaît et fuient ce qui leur déplaît. Ils ne peuvent se tromper sauf pour ce qui est hors nature, c’est-à-dire en fait ce qui est inventé par l’homme – comme les pièges.
Les espèces animales vivant dans un environnement où l’homme n’a pas pénétré paraissent immortelles. Il n’en est pas de même pour l’espèce humaine.
L’être humain, grâce à ses dons d’inventeur, a totalement modifié son environnement et ses conditions de vie. Séparant bonheur, plaisir, jouissances, de leur finalité naturelle – pour mieux les renouveler ou en augmenter l’intensité – il en a supprimé l’utilité pour conserver sa bonne santé et l’inciter à se reproduire. Dès lors, bien des choses, bien des comportements agréables sont contraires à sa bonne santé, et défavorisent sa perpétuation naturelle. Par exemple, d’un côté il peut éprouver du plaisir à fumer, boire de l’alcool, se droguer, trop manger alors que sa raison lui en explique les inconvénients. Son comportement raisonnable s’oppose à sa sensualité. La raison ne fait alors que compenser les inconvénients de ce que son intelligence a inventé.
Mener une vie aussi saine et rude que celle des animaux sauvages est devenu impossible, tant la santé humaine s’est fragilisée. Notre vie exempte d’efforts, à l’abri des intempéries, nous apparaît bien meilleure et plus heureuse que celle des animaux – mais elle est seulement différente. Comme dans la fable de La Fontaine, le chien domestique ne comprend pas le bonheur du loup son ancêtre, de même que celui-ci trouve insupportable la vie du chien domestique. Après des milliers de générations, l’homme a modifié le patrimoine génétique du loup, pour en faire un animal dépendant qui se croit plus heureux. Cependant, le loup seul assure sa survie, alors que le chien, privé de ses aliments fabriqués par l’homme, ne peut survivre.
Ainsi, l’être humain est devenu dépendant de ses propres innovations, dont il ne peut plus se passer – mais au regard de la suprême finalité de toute vie animale ou végétale qui est de se perpétuer – la survie de son espèce ne paraît plus évidente à beaucoup de penseurs. Ceux-ci constatent l’augmentation de maladies incurables, et la constante diminution de la fertilité des couples hétérosexuels. L’augmentation de l’homosexualité n’arrange pas les choses.
Toutes les œuvres humaines, artistiques, techniques, scientifiques, philosophiques, religieuses – dont nous sommes si fiers – ne survivraient pas à notre disparition.
Seuls survivront les animaux et les végétaux, dont nous nous sommes fait gloire de les dominer et de les exploiter.
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